06 avril 2026

Le blog de Dominique RECH: avis sur Béziers, 1209

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Jean d'Aillon reprend les aventures du cycle du chevalier troubadour du 13e siècle Guilhem d'Ussel, débutées à Marseille en 1187, lorsque ce dernier s'appelait encore Antoine.

Nous sommes en 1208. Guilhem a laissé son fief de Lamaguère. Il vit désormais à Paris où il est devenu le prévôt de l'hôtel du Roi, Philippe Auguste. Il est devenu un chevalier troubadour triste et désabusé, ne se remettant pas de la perte de Sanceline et de leur fille. Il est toujours entouré de ses fidèles : Alaric, Grégorio, Peyre, Jehan le Flamand, Roudeille, Robert de Locksley, Anna Maria et son frère Bartoloméo.
Les rancunes et la cupidité de ses ennemis tentent toujours de le nuire : Simon de Montfort, son cousin le Légat Guy, le Chevalier Bouchard de Beaumont, le Roi des Ribauds Crassebec, et le Chanoine Gautier de Poissy entraîné dans cette conspiration.  Ils veulent l'abattre pour atteindre leurs néfastes objectifs et pousser le Roi Philippe Auguste à accepter la Croisade contre les hérétiques Albigeois.

Le crime d'une prostituée va conduire Guilhem, dans son rôle de Prévôt, de Paris à Gerberoy et tout droit dans le piège tendu. le voilà prisonnier avec Peyre et Grégorio. Lorsque les siens le récupèrent enfin contre rançon, au terme de plusieurs mois de captivité, Guilhem est aux portes de la mort. Une femme médecin juive lui rendra ses forces. Médard l'entraînera efficacement en vue de sa vengeance. Sa confiance dans le Roi est amoindrie, le soupçonnant d'être impliqué. Le fils du roi également, proche des Amauriciens. Remis en état, avec ses fidèles à ses côtés, il reprend la route en direction de son fief, sur les traces de Beaumont et de sa troupe d'effrayants routiers. Les voilà à Brives, Roquadet où l'enfer des hommes a déferlé, puis à Casseneuil. Une cité assiégée, d'où Guilhem et les siens s'échapperont par ruse. Quand ils arriveront in extremis à Lamaguère, ils ne pourront que constater sa désolation. La vengeance de Guilhem l'entraîne alors jusqu'aux portes de Béziers, ville des Trencavel considérée comme imprenable par ses massives fortifications. Là, comme à Casseneuil, Chrétiens et Cathares cohabitent pourtant paisiblement. Les habitants ne peuvent imaginer l'enfer que les croisés vont déferler sur eux : 20 000 à 60 000 personnes (suivant les sources) de tous sexes, tous âges et toutes religions furent passées au fil de l'épée. La fin de ce roman nous promet de nouvelles aventures pour Guilhem. 

Au final, un roman agréable et facile à lire, comme d'habitude, par la qualité des descriptions et l'épaisseur des personnages.

Avis de Dominique Rech sur Félonies et malaventures

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Cet ouvrage reprend et complète Félonies et Malaventures, tome 1 : l'Herpaille de Philippe-Auguste (2013) et Félonies et Malaventures, tome 2 : la dame de Montsoreau (2023).

Il raconte la jeunesse de Guilhem d'Ussel en chemin, après l'aventure narrée dans « À lance et à pavois », vers Toulouse pour y prêter main forte au comte au nom du roi de France en compagnie d'une troupe hétéroclite de fiers et dignes chevaliers mêlés à des bandits de grand chemin sans foi ni loi. Il sera amené à rencontrer les membres d'une famille dont nous sont racontés le départ et la vie aux Croisades de certains hommes, et la vie des familles et terres qu'ils laissent. le titre « félonies et malaventures » est un parfait résumé de ces aventures. Le scénario est vif et bien construit.

L'action se situe à la fin du XIIe siècle, une époque de transition brutale où la courtoisie des troubadours se heurte à la violence crue de la féodalité. Le cadre historique et géographique est riche en détails des lieux, des allégeances à Richard Coeur de Lion et au roi de France qui créent des tensions et induisent des trahisons entre voisins voire frères et cousins. « Entre la pointe d'une dague et les cordes d'une luth, la frontière est mince pour celui qui cherche la vérité. Car si la musique apaise les âmes, seule la lame sait trancher le nœud des félonies qui empoisonnent le cœur des rois et le destin des humbles. » 

L'écriture est fluide. Les répétitions de récit des situations antérieures est systématique de façon souvent détaillée de ce qui s'est produit auparavant à chaque rencontre ou retrouvaille de personnages. 

Au moins une nouvelle aventure de la jeunesse de Guilhem d'Ussel devrait paraître puisque son engagement auprès du comte de Toulouse reste à remplir, que je lirai avec plaisir en espérant que l'auteur use davantage de raccourcis permis par la fiction afin d'alléger davantage le rythme. 

Au total, un roman bien agréable à lire.


Dominique Rech, avis sur Les aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour. Marseille, 1198

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Premier tome de cette série de romans d'enquête historique (même si depuis un épisode 0 nous contant la jeunesse de Guilhem est sorti), nous découvrons donc le chevalier troubadour Guilhem d'Ussel dans une histoire d'enlèvement qui partant de Marseille va avoir des ramifications jusqu'au Saint Siège de Rome.

Marseille 1198. Le viguier de la ville Hugues de Fer parcourt les rues de ce Marseille moyenâgeux, ville riche indépendante des différents suzerains qui la convoitent, le comte de Barcelone, le comte de Toulouse, Richard Cœur de Lion, le pape Innocent III. Quand le vicomte de Marseille, Roncelin, est enlevé par des inconnus le viguier mandaté par les consuls de la ville part pour le château des Baux afin de le délivrer et de le ramener vivant.

Pour ses débuts notre héros va rester assez mystérieux sur son passé que l'on devine quand même assez sombre et pas toujours glorieux. Pour résoudre une enquête nébuleuse et dangereuse, il va partir accompagné de son ami Ibn Rushd, médecin et grand cadi de Marrakech, plus connu en Occident sous le nom d'Averroès et de Robert de Locksley (Robin des bois) le saxon.
Comme d'habitude, les personnages se croisent dans la complexité des alliances. Les héros n'écoutant que leurs engagements vont nous faire vivre des aventures pleine de rebondissements.

Une lecture bien agréable !





Le Chien des Basqueville: le blog de Dominique RECH

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Mon avis :

Ceci est le second volet des aventures d'Edward Holmes et Gower Watson, enquéteurs anglais habitants Paris pendant la Guerre de Cent Ans. Après avoir mis fin au complot mis en place par Lady Mortimer dans le premier volet intitulé "Une étude en écarlate", Edward Holmes retourne à sa mélancolie chronique : la routine des quelques enquêtes auxquelles il participe ne lui permettent pas de s'occuper l'esprit. Alors, lorsque la reine de France Isabeau de Bavière donne comme mission d'accompagner Jeannette de la Tour au château de Basqueville en Normandie afin d'y retrouver un coffre et de le rapporter fermé, cela ne peut que titiller sa curiosité. Malheureusement, arrivé sur place, tout ne se passe pas comme prévu : le coffre est dérobé, la monarchie est menacée et la guerre risque de reprendre. Jean D'Aillon s'inspire des célèbres Sherlock Holmes et Watson de Conan Doyle pour créer des personnages portent les noms des héros, les titres des oeuvres étant des clins d'oeil admiratifs, tout en prenant une distance salutaire par l'époque historique du conflit entre les Français et les Anglais pour obtenir le trône de France. Nous plongeons alors dans les raisons de cette guerre pour le trône puisque plusieurs prétendants pouvaient prétendre au titre. Sans parti pris, Jean d'Aillon nous brosse une histoire vivante de cette période en relatant les affaires de cours de l'époque, mais également les conditions de vie difficiles des Parisiens. le vocabulaire d'antan que cela soit les termes concernant l'habillement, les dialogues ou les courriers apportent sans conteste cette sensation de retour dans le passé. Une époque peu traitée puisque l'auteur base son roman pendant la vingtaine d'années où Paris était anglaise et ose même placer les héros du côté des perdants puisque les Armagnacs gagneront ce conflit et les Anglais quitteront Paris. Jean d'Aillon nous propose une enquête pleine de péripéties tout à fait plausibles, cela rend d'autant plus l'histoire addictive. Nos héros vont voir leur duo s'agrandir avec un nouvel enquêteur canin et deux enfants mendiants armagnacs. Son style est basé sur la rythmique d'action, dans la lignée d'Alexandre Dumas. Autre attrait : les personnages sont d'une grande humanité, avec leurs qualités et leurs défauts, influencés par les évènements tragiques de la Guerre de Cent Ans.

Au total, un roman historique d'une grande qualité, comme toute la série.






Le pont de Montereau: le blog de Dominique Rech

 Mon avis :

Ceci est le quatrième volet des aventures d'Edward Holmes et Gower Watson, enquêteurs anglais habitants Paris pendant la Guerre de Cent Ans.
Après la mort d'Henri, Jean de Lancastre, frère puiné d'Henri V d'Angleterre, duc de Bedford assure la régence du trône de France au nom de son neveu Henri VI, un bébé de quelques mois, petit-fils maternel et héritier du roi Charles VI de France. Edward Holmes est convoqué auprès du duc afin de faire une enquête sur une tentative d'empoisonnement. Accompagné de son fidèle ami l'archer anglais et vétéran d'Azincourt Gower Watson ils doivent se rendre à Évreux sur des routes rendues dangereuses par la Guerre de Cent Ans.

Edward et Gower vont devoir sillonner la France pour résoudre 3 mystères : qui est responsable de l'assassinat du duc Jean sans peur à Montereau, qui cherche à empoisonner le britannique duc de Bedford régent de France et qui est cette enfant mise en nourrice à Domrémy. On croisera aussi Gilles de Rais ( l'effroyable mais réel assassin d'enfants à l'origine du mythe de Barbe-Bleue), Lucifer, une sorcière,  des comédiens ambulants, de preux chevaliers et de gentes damoiselles.

Aussi sont-ils entourés de Chabridel, un mercenaire bourguignon à la solde d'Isabeau de Bavière, d'une apothicaire, Coline maîtrisant l'art des poisons. Entre les troupes ennemies, les écorcheurs, les dissidents, les pauvres prêts à tout pour gagner quelques sous pour survivre, le voyage devient une épopée sanglante et périlleuse. Aussi leur périple les conduira à s'allier avec l'ennemi armagnac, dont la belle-mère du Dauphin Charles, Yolande d'Aragon, et Jeanne de Barbazan, la fille d'Arnault Guilhem de Barbazan "le chevalier sans reproches" (un "Armagnac" qui se retrouve accusé du meurtre de Jean sans peur et enfermé à Château-Gaillard). Rapidement, Edward Holmes comprend que l'enquête menée est liée au complot de l'assassinat de Jean sans Peur quelques années auparavant à Montereau. Heureusement, l'arrivée à Montereau plonge nos personnages dans un final plutôt sympathique et effrayant. 

Jean d'Aillon garde sa maîtrise du récit historique d'une série qui permet de plonger dans un pan de l'histoire de France peu traitée d'une guerre civile d'une France sous autorité anglaise. Les descriptions des dangers sur les chemins, des contrastes entre les villes sous l'autorité anglaise croulant sous la pauvreté et la famine et les villes françaises riches et prospères est saisissant, de même les pillages et les demandes de rançon, les fortunes qui se font et se défont en une bataille de manière passionnante. Les personnages sont l'autre force de la série. Certains habitués seront laissés de côté au profit d'autres têtes, bien connues ou nouvellement arrivées, aucun ne seront épargnés par les difficultés. On croisera ainsi


 Gilles de Rais ( l'effroyable mais réel assassin d'enfants à l'origine du mythe de Barbe-Bleue), Lucifer, une sorcière, des comédiens ambulants, de preux chevaliers et de gentes damoiselles.

Au total, un roman historique plus complexe que d'habitude et toujours d'une grande qualité, comme toute la série.

29 mars 2026

Les espionnes de la Fronde

Parution septembre 2027, aux Presses de la Cité

 

Au début de l’année 1651, Marie de Rabutin Chantal, marquise de Sévigné, implore Louis Fronsac de conduire une enquête sur la mort de son époux, tué en duel.

Quelques jours plus tard, un commissaire au Châtelet demande à Gaston de Tilly, procureur à l’Hôtel du roi, de l’aider à identifier un inconnu trouvé la gorge tranchée dans une impasse parisienne.

M. de Tilly découvrira que la victime est un financier lié à un riche protestant, dont la fille était la maîtresse du marquis de Sévigné.

Malgré eux, Fronsac et Tilly vont se trouver mêlés aux intrigues conduites par des partisans du cardinal Mazarin, alors en exil, et par des proches du prince de Condé, rebelle à la Couronne. À quoi jouent certaines femmes, autant espionnes que courtisanes, qui fréquentent les salons précieux ? Quel est le rôle de l’abbé Fouquet, amant de Charlotte, la fille de la duchesse de Chevreuse, et en même temps maîtresse du coadjuteur Paul de Gondi ?

Alors que ce dernier devient enfin cardinal, tout Paris apprend la mort subite de Charlotte. L’a-t-on assassinée, comme on a tenté de le faire pour Louis Fronsac et Gaston de Tilly ?

 

09 février 2026

Bouvines 1214, le blog de Dominique Rech

 


https://marcaurele.over-blog.com/2024/10/guilhem-d-ussel-bouvines-1214-de-jean-d-aillon-2024.html


Que s’est-il passé après Cordoue, 1211 ? Nous avons laissé Guilhem quittant l’Andalus avec ses compagnons. Le roman, Bouvines, 1214, vous révélera ce qui est arrivé durant les trois années suivantes, une période au cours de laquelle Ussel va se trouver confronté à une singulière affaire de trépassés sortis de leur tombe, alors même que sa compagne Egelina de Camville, jadis criminelle au service du roi Jean d’Angleterre, donne naissance à sa fille.

Le complot des morts-vivants conduira Guilhem jusqu’à l’épouse de Philippe Auguste, Ingeburge du Danemark, que le roi a fait enfermer pour sorcellerie. Mais est-elle coupable ? Et Egelina de Camville n’a-t-elle pas percé la vérité derrière l’arrestation de la reine ?

Quant à Philippe Auguste, n’a-t-il pas des doutes sur l’épouse d’Ussel ? Ne serait-elle pas en réalité la Licorne, cette criminelle qui a tué nombre de ses amis des années auparavant ?

Questions sans réponses se succèdent alors qu’on cherche à écarter Ussel de la cour et que le comte de Boulogne, le roi Jean d’Angleterre et l’empereur Otton du Saint-Empire rassemblent tous les feudataires ayant des griefs contre le roi de France.

La vérité se fera jour un dimanche, à Bouvines.