06 avril 2026

Avis de Dominique Rech Félonies et malaventures

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Cet ouvrage reprend et complète Félonies et Malaventures, tome 1 : l'Herpaille de Philippe-Auguste (2013) et Félonies et Malaventures, tome 2 : la dame de Montsoreau (2023).

Il raconte la jeunesse de Guilhem d'Ussel en chemin, après l'aventure narrée dans « À lance et à pavois », vers Toulouse pour y prêter main forte au comte au nom du roi de France en compagnie d'une troupe hétéroclite de fiers et dignes chevaliers mêlés à des bandits de grand chemin sans foi ni loi. Il sera amené à rencontrer les membres d'une famille dont nous sont racontés le départ et la vie aux Croisades de certains hommes, et la vie des familles et terres qu'ils laissent. le titre « félonies et malaventures » est un parfait résumé de ces aventures. Le scénario est vif et bien construit.

L'action se situe à la fin du XIIe siècle, une époque de transition brutale où la courtoisie des troubadours se heurte à la violence crue de la féodalité. Le cadre historique et géographique est riche en détails des lieux, des allégeances à Richard Coeur de Lion et au roi de France qui créent des tensions et induisent des trahisons entre voisins voire frères et cousins. « Entre la pointe d'une dague et les cordes d'une luth, la frontière est mince pour celui qui cherche la vérité. Car si la musique apaise les âmes, seule la lame sait trancher le nœud des félonies qui empoisonnent le cœur des rois et le destin des humbles. » 

L'écriture est fluide. Les répétitions de récit des situations antérieures est systématique de façon souvent détaillée de ce qui s'est produit auparavant à chaque rencontre ou retrouvaille de personnages. 

Au moins une nouvelle aventure de la jeunesse de Guilhem d'Ussel devrait paraître puisque son engagement auprès du comte de Toulouse reste à remplir, que je lirai avec plaisir en espérant que l'auteur use davantage de raccourcis permis par la fiction afin d'alléger davantage le rythme. 

Au total, un roman bien agréable à lire.


Dominique Rech, avis sur Les aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour. Marseille, 1198

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Premier tome de cette série de romans d'enquête historique (même si depuis un épisode 0 nous contant la jeunesse de Guilhem est sorti), nous découvrons donc le chevalier troubadour Guilhem d'Ussel dans une histoire d'enlèvement qui partant de Marseille va avoir des ramifications jusqu'au Saint Siège de Rome.

Marseille 1198. Le viguier de la ville Hugues de Fer parcourt les rues de ce Marseille moyenâgeux, ville riche indépendante des différents suzerains qui la convoitent, le comte de Barcelone, le comte de Toulouse, Richard Cœur de Lion, le pape Innocent III. Quand le vicomte de Marseille, Roncelin, est enlevé par des inconnus le viguier mandaté par les consuls de la ville part pour le château des Baux afin de le délivrer et de le ramener vivant.

Pour ses débuts notre héros va rester assez mystérieux sur son passé que l'on devine quand même assez sombre et pas toujours glorieux. Pour résoudre une enquête nébuleuse et dangereuse, il va partir accompagné de son ami Ibn Rushd, médecin et grand cadi de Marrakech, plus connu en Occident sous le nom d'Averroès et de Robert de Locksley (Robin des bois) le saxon.
Comme d'habitude, les personnages se croisent dans la complexité des alliances. Les héros n'écoutant que leurs engagements vont nous faire vivre des aventures pleine de rebondissements.

Une lecture bien agréable !





Le Chien des Basqueville: le blog de Dominique RECH

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Mon avis :

Ceci est le second volet des aventures d'Edward Holmes et Gower Watson, enquéteurs anglais habitants Paris pendant la Guerre de Cent Ans. Après avoir mis fin au complot mis en place par Lady Mortimer dans le premier volet intitulé "Une étude en écarlate", Edward Holmes retourne à sa mélancolie chronique : la routine des quelques enquêtes auxquelles il participe ne lui permettent pas de s'occuper l'esprit. Alors, lorsque la reine de France Isabeau de Bavière donne comme mission d'accompagner Jeannette de la Tour au château de Basqueville en Normandie afin d'y retrouver un coffre et de le rapporter fermé, cela ne peut que titiller sa curiosité. Malheureusement, arrivé sur place, tout ne se passe pas comme prévu : le coffre est dérobé, la monarchie est menacée et la guerre risque de reprendre. Jean D'Aillon s'inspire des célèbres Sherlock Holmes et Watson de Conan Doyle pour créer des personnages portent les noms des héros, les titres des oeuvres étant des clins d'oeil admiratifs, tout en prenant une distance salutaire par l'époque historique du conflit entre les Français et les Anglais pour obtenir le trône de France. Nous plongeons alors dans les raisons de cette guerre pour le trône puisque plusieurs prétendants pouvaient prétendre au titre. Sans parti pris, Jean d'Aillon nous brosse une histoire vivante de cette période en relatant les affaires de cours de l'époque, mais également les conditions de vie difficiles des Parisiens. le vocabulaire d'antan que cela soit les termes concernant l'habillement, les dialogues ou les courriers apportent sans conteste cette sensation de retour dans le passé. Une époque peu traitée puisque l'auteur base son roman pendant la vingtaine d'années où Paris était anglaise et ose même placer les héros du côté des perdants puisque les Armagnacs gagneront ce conflit et les Anglais quitteront Paris. Jean d'Aillon nous propose une enquête pleine de péripéties tout à fait plausibles, cela rend d'autant plus l'histoire addictive. Nos héros vont voir leur duo s'agrandir avec un nouvel enquêteur canin et deux enfants mendiants armagnacs. Son style est basé sur la rythmique d'action, dans la lignée d'Alexandre Dumas. Autre attrait : les personnages sont d'une grande humanité, avec leurs qualités et leurs défauts, influencés par les évènements tragiques de la Guerre de Cent Ans.

Au total, un roman historique d'une grande qualité, comme toute la série.






Le pont de Montereau: le blog de Dominique Rech

 Mon avis :

Ceci est le quatrième volet des aventures d'Edward Holmes et Gower Watson, enquêteurs anglais habitants Paris pendant la Guerre de Cent Ans.
Après la mort d'Henri, Jean de Lancastre, frère puiné d'Henri V d'Angleterre, duc de Bedford assure la régence du trône de France au nom de son neveu Henri VI, un bébé de quelques mois, petit-fils maternel et héritier du roi Charles VI de France. Edward Holmes est convoqué auprès du duc afin de faire une enquête sur une tentative d'empoisonnement. Accompagné de son fidèle ami l'archer anglais et vétéran d'Azincourt Gower Watson ils doivent se rendre à Évreux sur des routes rendues dangereuses par la Guerre de Cent Ans.

Edward et Gower vont devoir sillonner la France pour résoudre 3 mystères : qui est responsable de l'assassinat du duc Jean sans peur à Montereau, qui cherche à empoisonner le britannique duc de Bedford régent de France et qui est cette enfant mise en nourrice à Domrémy. On croisera aussi Gilles de Rais ( l'effroyable mais réel assassin d'enfants à l'origine du mythe de Barbe-Bleue), Lucifer, une sorcière,  des comédiens ambulants, de preux chevaliers et de gentes damoiselles.

Aussi sont-ils entourés de Chabridel, un mercenaire bourguignon à la solde d'Isabeau de Bavière, d'une apothicaire, Coline maîtrisant l'art des poisons. Entre les troupes ennemies, les écorcheurs, les dissidents, les pauvres prêts à tout pour gagner quelques sous pour survivre, le voyage devient une épopée sanglante et périlleuse. Aussi leur périple les conduira à s'allier avec l'ennemi armagnac, dont la belle-mère du Dauphin Charles, Yolande d'Aragon, et Jeanne de Barbazan, la fille d'Arnault Guilhem de Barbazan "le chevalier sans reproches" (un "Armagnac" qui se retrouve accusé du meurtre de Jean sans peur et enfermé à Château-Gaillard). Rapidement, Edward Holmes comprend que l'enquête menée est liée au complot de l'assassinat de Jean sans Peur quelques années auparavant à Montereau. Heureusement, l'arrivée à Montereau plonge nos personnages dans un final plutôt sympathique et effrayant. 

Jean d'Aillon garde sa maîtrise du récit historique d'une série qui permet de plonger dans un pan de l'histoire de France peu traitée d'une guerre civile d'une France sous autorité anglaise. Les descriptions des dangers sur les chemins, des contrastes entre les villes sous l'autorité anglaise croulant sous la pauvreté et la famine et les villes françaises riches et prospères est saisissant, de même les pillages et les demandes de rançon, les fortunes qui se font et se défont en une bataille de manière passionnante. Les personnages sont l'autre force de la série. Certains habitués seront laissés de côté au profit d'autres têtes, bien connues ou nouvellement arrivées, aucun ne seront épargnés par les difficultés. On croisera ainsi


 Gilles de Rais ( l'effroyable mais réel assassin d'enfants à l'origine du mythe de Barbe-Bleue), Lucifer, une sorcière, des comédiens ambulants, de preux chevaliers et de gentes damoiselles.

Au total, un roman historique plus complexe que d'habitude et toujours d'une grande qualité, comme toute la série.